Trésor de Gourdon. - Le dimanche 23 mars 1845 (dimanche de paques), Louise Forest (22/04/1833-31/12/1917), jeune bergere alors agée de 13 ans, trouva à Gourdon, sous une large brique romaine, un trésor composé d'un petit vase et d'un plateau en or et de cent quatre monnaies en or des empereurs Léon, Zénon, Anastase et Justin . Les monnaies de ce dernier empereur étaient à fleur de coin, d'où l'on peut conclure que l'enfouissement a eu lieu sous son règne (518-527) ou peu après. Les pieces de monnaies était composé de : 1 solidus de Zenon, 14 solidi d'anastase, 63 triens d'anastase, 20 solidi de justin, 5 triens de Justin; ces pieces ont été vendues a des particuliers. Le vase et le plateau ont été acquis par la Bibliothèque nationale où ils figurent dans la vitrine centrale du Cabinet des médailles. Le vase a dû servir de calice; il a la forme du calice figuré sur les tiers de sou frappés à Banassac. Il a 7,5 cm de hauteur; il consiste en une coupe, cannelée à sa partie inférieure, supportée par un pied conique et munie de deux anses; la panse est décorée de feuilles de vigne, en turquoises décomposées et d'autres feuilles cordiformes en grenat ou verre rouge, les unes reliées aux autres par un cordonnet de filigrane; les anses se terminent par des têtes d'oiseaux dont les yeux sont faits de grenats. Quant au plateau, il est rectangulaire, les grands côtés ayant 19 cm et les petits 13 cm de longueur. Il est supporté sur une galerie d'or à jour; le fond est orné d'une croix creusée dans la masse et ornée de verres rouges; à chacun des angles, un coeur en turquoise décomposée; le bord du plateau est orné d'une série de verres rouges enchâssés dans des cloisons en forme de losanges. Cette décoration est semblable à celle du fourreau d'épée de Childéric.Calice et plateau sont de remarquables spécimens de l'orfèvrerie barbare au VIe siècle.
Suite a la découverte des pieces, Louise Forest appela son maitre M Darras, lequel, comprenant tres vite la nature de la découverte, renvoya la jeune bergere, et continua a fouillé avec un autre voisin M Bertrand. Donc, un doute subsiste quant a la vrai componsition du trésor,
Le propriétaire du terrain, M Tainturier, eut vent de cette histoire. Habitant a Dijon, il accurut a Gourdon pour trouver un accord avec M Darras. Mais le pere de Louise Forest, s'estimant lésé, decida de porter plainte.
Un proces eut lieu le 11 juillet 1845 au Tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saone. M Tainturier était renvoyé aux fins de plaintes et poursuites; Darras et Bertrand étaient condamnés à trois mois de prison et, le premier, à 25 francs d'amende, le second à 50 francs d'amende. Il était restitué à Louise Forest trente-quatre petites pièces d'or et dix-huit grandes, ainsi qu'à Tainturier.Le plateau et le calice, ne pouvant être partagés, étaient déposés au greffe pour être vendus. Darras et Bertrand firent appel. La Chambre des appels de police correctionnelle de la Cour de Dijon rendit son arrêt le 27 novembre 1845. Il confirme le jugement du tribunal de Chalon-sur-Saône, mais fixe à 2.000 francs la part due à Louise Forest pour la valeur lui revenant des objets non représentés et les dommages-intérêts.
C'est à la suite de ce jugement que le plateau, le calice et 104 monnaies d'or furent vendus, le 20 juillet 1846, parMe Déodor. CI. Rossignol a eu ces 104 monnaies en mains ; il en a donné une liste, seul source fiable du contenu de ce trésor
Au cours d'une mission d'information effectuée à la Bibliothèque de Dijon, M. Vaultier a découvert dans un médaillier,enveloppées d'un papier sur lequel est écrit « Trésor de Gourdon », quatre pièces d'or.
Cette importante découverte d'une faible partie du trésor de Gourdon donne un échantillon des diverses pièces qui le composaient. L'authenticité de leur origine est attestée par un procès-verbal du registre des délibérations du Conseil municipal de Dijon qui relate les circonstances de ce dépôt, fait par M Tainturier, proprietaire du champ dans lequel le trésor a été découvert.
A noter aussi le trés faible prix obtenu par les pieces de monnaies, 10 francs en moyenne, et qu'aucune liste des acheteurs ne fut dressé.
M Tainturier réalisant un peu plus tard la valeur historique de ce trésor, racheta des pieces ( au moins quatre) en fit don a la bibliotheque de Dijon.
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